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Appel pour sauver la vie du Professeur Moncef Ben Salem et sa famille

 

            En marge des travaux de la Deuxième phase du Sommet Mondial de la Société de l’Information qui a eu lieu à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, j’ai eu l’honneur, lors d’une réunion de solidarité avec les grévistes de la faim, de rencontrer le Professeur Moncef Ben Salem. Je n’ai pas eu l'opportunité de discuter suffisamment avec un personnage qui rayonnait de gentillesse, d’affabilité et de modestie, mais j’ai tout de même enregistré ces quelques informations: un potentiel scientifique sans emploi, ayant beaucoup souffert dans son pays depuis près de deux décennies et continue aujourd'hui à souffrir, rien que pour des considérations idéologiques. Vivant l’humiliation d'être empêché d’exercer sa vocation, de connaître la prison, la torture et l’assignation à résidence, M. Ben Salem a été frustré de la jouissance de ses droits humains les plus élémentaires comme le passeport, le téléphone, le courrier et toutes autres persécutions dont sont victimes beaucoup de Tunisiens qui, dans des régimes démocratiques, auraient dû être l’objet de la fierté de leur pays pour leur potentialités irremplaçables.

            Né en 1953, Prof. Moncef Ben Salem est père de quatre garçons et filles. Son curriculum est brillant, non seulement avec son Doctorat en Physique théorique ou son Doctorat d’Etat en Mathématiques, mais aussi comme Professeur conférencier en Tunisie, et membre et conseiller au niveau international dans de nombreuses institutions et publications scientifiques : Zentralblatt für Mathematik de Berlin, Math. Review de Michigan, Kuwait Foundation for the Advance of Science, l’Union des Mathématiciens et Physiciens Arabes, Université de Maryland, l’Union des Universités Francophones, le CNRS, l’ICTP de Trieste, etc.

            On imagine à peine comment la présence d’une telle potentialité scientifique pouvait être ressentie négativement par les autorités tunisiennes et conduire celles-ci à la soumettre à toutes sortes d'exactions ! Ce qui l’a contraint, lui et sa famille qui a tant souffert elle aussi, à déclarer depuis le 30 mars dernier une grève illimitée de la faim. Grève de la faim pour dire : ça suffit ! Car il y a une limite à la patience et aux souffrances. Ce qu’il revendique n’est rien moins que ses droits légitimes pour réparer les injustices subies, le paiement de ses salaires gelés depuis 1987, la possibilité de reprendre ses recherches et son travail, la réintégration de ses enfants à l’Université, la fin des persécutions qu’ils subissent et la récupération de titres de voyages et de la liberté de circulation.

            Nous, à la Commission Arabe des Droits Humains, de concert avec tous ceux qui l’ont soutenu au sein du Comité de soutien de Moncef Ben Salem, nous nous adressons à toutes les forces démocratiques dans le monde, aux associations des droits de l’homme, aux organisations culturelles et académies scientifiques, ainsi qu’aux medias afin qu’ils dénoncent les menées répressives exercées par les autorités contre l'opposition tunisienne. Pour qu'ils soutiennent ses innombrables victimes, dont le Professeur Moncef Ben Salem et sa famille, dans leur combat pour recouvrer leur dignité et leur droit à la vie, à une vie normale. Nous tenons les autorités pour responsables des conséquences de cette situation sur la vie de M. Ben Salem et de l’action désespérée menée par cette famille pour sa survie.

                                                                                                      Paris le 5-04-2006

 

Violette Daguerre

Présidente de la Commission Arabe des Droits Humains