Halte aux attentats contre le personnel des ONGs humanitaires

 

 

 

Un lâche attentat a tué aujourd’hui trois médecins américains et blessé gravement un quatrième qui travaillaient à l’Hôpital de Jibla au gouvernorat d’Ib au Yémen. C’est le quatrième attentat de ce genre qui se produit au Proche-orient en moins de deux mois, où les agresseurs ont pris pour cible le personnel d’ONGs humanitaires ou d’institutions de l’ONU. Alors que la citoyenne américaine Bony Wizrawel a perdu la vie à Saida au Liban, l’armée israélienne a tué l’Irlandais Iyan Johnhok, président du comité de reconstruction de Jinine. Elle a aussi agressé Allegra Pacheko de l’UNRWA et emprisonné un bon nombre du personnel qui assistait les Palestiniens qu’ils soient palestiniens ou étrangers à la région.

 

Les sociétés arabo-musulmanes qui payent le prix le plus fort des positions hors la loi de la politique américaine et israélienne vis à vis des ONGs caritatives et humanitaires islamiques, refusent de faire l’amalgame entre le citoyen américain et la politique officielle de ceux qui le gouvernent. Elles rejettent également la logique démagogique selon laquelle ces médecins visent le changement de la religion de leurs patients. Cet hôpital, ouvert depuis 1967, accueille pas moins de 40 mille malades par an, et ce dans un contexte très difficile et où nombreux médecins arabes refusent de travailler dans les régions pauvres et isolées du monde arabe.

La Commission Arabe des Droits Humains (ACHR), qui dénonce les prises de positions extrémistes de l’administration américaine, considère que nul n’est responsable de l’acte d’autrui. Elle pense que l’alliance entre tous les démocrates et les défenseurs des droits de l’Homme, sans distinction de leur race, couleur de peau ou religion, est la condition essentielle pour stopper les violations des droits de la personne arabe que ce soit en Palestine, en Irak ou ailleurs. L’ACHR condamne toute agression visant le personnel des organisations humanitaires et réclame la traduction en justice de ceux qui en sont responsables en tant que criminels de droit commun.

 

                                                                                        Paris le 30-12-2002