COMMISSION ARABE DES DROITS HUMAINS

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2010-02-15

LIVRE BLANC SUR LA MISE A MORT DE L’UNIVERSITE LIBRE DE TUNIS 

 


 

Comment l’Etat de droit est bafoué en Tunisie

                                                               MOHAMED EL BOUSSAIRI BOUEBDELLI 

       La FONDATION  BOUEBDELLI est, dans l’enseignement privé tunisien, l’institution phare de l’éducation et de la formation de la jeunesse tunisienne depuis plus de trente-sept ans : 3 000 élèves étudiants et quelques trois cent enseignants et salariés participent à cette communauté éducative. 

     Dès le départ, la fondation s’est voulue être le symbole de la qualité et de l’excellence. Elle a respecté cette devise tout d’abord dans l’enseignement primaire, avec la célèbre « ECOLE JEANNE D’ARC ». Elle s’est assignée cette même ambition en créant, il y a déjà 37 ans, la plus ancienne et la plus grande institution d’enseignement supérieur privé : ’l’UNIVERSITÉ LIBRE DE TUNIS.’ 

     Ce ‘LIVRE BLANC’ est destiné à présenter le bilan de l’activité de la Fondation et de ses différentes institutions éducatives. Il montrera que cette Institution a contribué d’une manière soutenue et continue, à la formation d’un grand nombre de générations de jeunes élèves et étudiants tunisiens aussi bien qu’étrangers et ainsi, au développement économique et social de leurs pays. 

     La Tunisie, pays de paix, de tolérance, pays travailleur et studieux est un pays conscient du fait que sa principale richesse et son capital le plus solide résident dans sa jeunesse.  Notre pays  assure à sa jeunesse une formation moderne en vue de contribuer au développement de toute la communauté nationale.  

     La Tunisie subit malheureusement une grave crise politique qui a détruit toutes les possibilités de construction d’une véritable démocratie dans le pays. Et ce qui encore plus grave, cette crise politique  a conduit à un dérèglement de plus en plus profond et de plus en plus diffus, du fonctionnement des institutions politiques de l’Etat. L’application de l’Etat de droit dans tous les secteurs de la vie nationale est menacée par l’arbitraire, les passe-droits, la corruption,  l’instauration du règne de la peur et l’insécurité pour les personnes et leurs biens. 

     La Fondation Bouebdelli n’a pas échappé à ce sort. Depuis plusieurs années, elle a continuellement subi le harcèlement de la police, elle a été la victime de plusieurs tentatives de spoliation, de destruction de la part du régime. Au mépris des intérêts supérieurs de la Nation, mais également des intérêts des nombreuses générations d’élèves et d’étudiants qu’elle a accueilli en son sein. Et que dire du dévouement de tout le personnel de la famille éducative des institutions de la Fondation et des réalisations plus que honorables qu’elle a pu accumuler.

     Le détournement du pouvoir est le mode d’action systématique du pouvoir vis-à-vis de notre Institution. Ce ‘LIVRE BLANC’ le montera point par point, pièce par pièce. Il dressera le triste bilan de l’action d’un régime qui s’acharne à détruire plus qu’à construire, qui s’emploie ouvertement à utiliser son autorité pour assouvir les ambitions personnelles de quelques privilégiés. 

     Il existe une relation directe entre ces continuelles exactions administratives subies par les institutions éducatives de la Fondation Bouebdelli et le mauvais tournant politique que le régime actuel a pris ces dernières années. Ces abus de pouvoir ont été dénoncés dans un livre « LE JOUR OU J’AI REALISE QUE LA TUNISIE N’EST PLUS UN PAYS DE LIBERTE » (1). La publication de ce manifeste, qui a cherché à éclairer l’opinion publique nationale et internationale, sur la réalité politique de notre pays, n’a pas manqué d’entraîner la réaction répressive du pouvoir à l’encontre de notre institution d’enseignement supérieur.

     L’affaire de l’Université Libre de Tunis est une affaire politique. Sous le couvert de prétendues sanctions administratives infondées et disproportionnées, ce mauvais procès vise à dénier à un citoyen tunisien libre et patriote, le droit de dire la vérité à s’exprimer.
 

(1) Vous pouvez consulter ou télécharger le livre de Mohamed Bouebdelli sur le site web : www.bouebdelli.org

     Ingénieur informaticien de formation, Mohamed El Boussaïri BOUEBDELLI a commencé  sa carrière professionnelle en travaillant auprès des multinationales en France. Il a regagné la Tunisie en 1972. Militant de la première heure, il a adhéré au Parti destourien (P.S.D.), puis au premier parti d’opposition, le Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS), qu’il a quitté en 1990. Ensuite, M. Bouebdelli s’est entièrement investi dans l’œuvre éducative. Son épouse et lui ont créé la première institution d’enseignement supérieur privé, l’Université Libre de Tunis, ainsi qu’une école primaire. L’impossibilité de prolonger ce travail éducatif par la création d’un lycée « Louis Pasteur »  a été un choc pour les époux Bouebdelli. 

     Indiscutablement, la « Déclaration du 7 novembre 1987 » prononcée par l’actuel Président lors de son arrivée au pouvoir, avait encouragé le peuple tunisien à comprendre la destitution du grand homme que fut Bourguiba, aimé encore par toute la population tunisienne.  

     Ce texte fondateur a été perçu comme un message d’espoir et de progrès, un engagement dans la voie de la démocratie et de la justice au profit du peuple qui a atteint un degré de maturité politique suffisant pour exercer, en toute liberté et en  toute sécurité, ses droits de citoyen.  Hélas, les dérives se sont très vite multipliées. Le réveil du « démon de la politique » a été pour Mohamed Bouebdelli, comme pour la très grande majorité de la population tunisienne, directement dicté par la déception provoquée par le nouveau régime.  

     La dégradation de la situation politique, économique, sociale et culturelle est hélas ! allée de mal en pis. C’est pourquoi, dans son livre intitulé « Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté »,  Mohamed Bouebdelli a présenté nombre de propositions constructives,  valant mode d’emploi , pour faire de la Tunisie un pays démocratique. Les Bouebdelli sont entrés en résistance. 
 

LA ‘FONDATION BOUEBDELLI’, INSTITUTION PRIVEE DEDIEE A L’EDUCATION ET A LA SCIENCE, AU SERVICE DE L’EXCELLENCE. 

     Destiné  à une carrière d’ingénieur, Mohamed BOUEBDELLI a débuté sa vie professionnelle en créant une entreprise de maintenance et de conseil en informatique.

     Cette première expérience lui a fait découvrir que le développement des jeunes entreprises comme la sienne allait être sérieusement handicapé du fait de la pénurie de techniciens et de cadres supérieurs qualifiés. C’est dans ces conditions qu’il a résolu de former ses propres techniciens en ouvrant en 1973 le premier ‘Institut supérieur d’informatique’ privé en Tunisie : Une avant-première. Dans les mêmes conditions, a été créé plus tard l’INTAC, aujourd’hui très côté dans le monde entrepreneurial en raison de l’excellence de la formation de techniciens supérieurs et de cadres de gestion qu’il dispense depuis cette date.

     La voie était ainsi ouverte, Mohamed Bouebdelli ne s’est pas arrêté là. En 1988, la Congrégation religieuse des Soeurs de Saint Joseph lui a confié, à son épouse et lui-même, la lourde responsabilité d’assurer la pérennité de leur oeuvre en Tunisie, en leur demandant de reprendre l’institution privée d’enseignement ‘Emilie de Vialar’ dite ‘Ecole Jeanne d’Arc’, créée en 1936 en vue de la scolarisation des élèves de 5 à 15 ans (cycle primaire et cycle secondaire).

     C’est ainsi que Mohamed Bouebdelli a  renoncé à toute autre activité et que a décidé de se consacrer entièrement à sa nouvelle vocation d’éducateur. Mais il n’a  pas été le seul à prendre une telle décision. Son épouse, française d’origine et tunisienne de coeur, Madeleine Bouebdelli, est expert-comptable de formation. Elle aussi, a décidé de renoncer à son métier pour se consacrer entièrement à la direction de ‘l’Ecole Jeanne d’Arc’.

     Ensemble, ils ont alors créé la Fondation Bouebdelli en vue de gérer cette importante institution éducationnelle. Grâce au dévouement et à la rigueur de Madame Bouebdelli, grâce au respect méticuleux de la loi et des règles de discipline dans les relations avec les élèves, ‘l’Ecole Jeanne d’Arc’ s’est depuis plus de trente ans et sans interruption, classée Première Ecole primaire et collège de tout le pays.

     Les résultats, qui n’ont jamais faibli depuis plus de vingt ans d’existence, ont été régulièrement parmi les plus brillants de tous les examens de fin d’études primaires et d’entrée aux cycles d’enseignement secondaire.

     Dès 1992, ‘l’Institut supérieur d’informatique’, créé en 1973, a été transformé en une Université privée, dénommée ‘Université Libre de Tunis’ (U.L.T), la première dans cette catégorie en Tunisie, et qui abrite aujourd’hui, une ‘Faculté’ (Droit, Gestion), un ‘Institut polytechnique’ et une ‘Ecole d’Architecture’, soit à ce jour plus de 1 500 étudiants, dont environ 50 % d’étudiants internationaux issus de plus de 25 pays francophones. Les diplômes sont reconnus par l’Etat tunisien et dans un grand nombre de pays.

     La dernière initiative du couple Bouebdelli a consisté à prolonger la mission de ‘l’Ecole Jeanne d’Arc’, dont on se souvient qu’elle était dès le départ, une école d’enseignement primaire et d’enseignement secondaire en même temps.

     C’est ainsi que la Fondation Bouebdelli a pris l’initiative de la création en 2005 d’un établissement d’enseignement secondaire, appelé ‘Lycée Louis Pasteur’ et qui était destiné à animer une section chargée d’assurer une formation basée sur les programmes du Baccalauréat français. Cette initiative a été prise en étroite collaboration avec l’Institut français de Coopération auprès de l’Ambassade de France à Tunis et avec la Chambre tuniso-française du commerce et de l’industrie.

     Ce lycée, dont on a voulu qu’il soit le symbole de la coopération culturelle mutuellement profitable entre la Tunisie et la France, en même temps qu’il soit le symbole de la Francophonie et de l’esprit d’ouverture, de progrès et de modernisme qui l’anime, a démarré sous de très bons augures. Il n’était pas surprenant que dès les premières années de son existence, il a permis à ses élèves d’obtenir d’excellents résultats aux examens du Brevet français.

     Dans l’ensemble de ces initiatives, les efforts de la Fondation Bouebdelli ont été couronnés de succès, et le nom ‘Bouebdelli’ a été et est toujours, un ‘Label de qualité’. La Fondation a toujours cultivé l’esprit d’Excellence et toujours privilégié l’innovation pédagogique et la formation d’élites exigeantes et responsables pour notre cher pays.

     Rappelons que la Fondation a été la première à introduire l’enseignement obligatoire des langues étrangères – l’Anglais, l’Italien, l’Espagnol, l’Allemand et même le Chinois – dans ses enseignements depuis le Primaire jusqu’au Supérieur et que son principe en matière linguistique est le trilinguisme. 

     De même, rappelons que, bien avant les autres établissements d’enseignement, publics ou privés, la Fondation Bouebdelli a introduit l’enseignement obligatoire de l’Informatique dans ses enseignements à tous les niveaux, depuis le Primaire jusqu’au Supérieur.

     Soulignons aussi que la Fondation Bouebdelli a inscrit parmi ses missions, l’établissement de solides et fructueuses relations de coopération entre l’Ecole et le monde du travail : C’est ainsi que, dans la très grande majorité, les diplômés des établissements universitaires relevant de la Fondation Bouebdelli obtiennent leur premier recrutement très rapidement et dès leur sortie de nos Ecoles ou Facultés, et même avant la fin de leur stage de fin d’études ! ...

     Il convient encore à rappeler que plus de la moitié de l’effectif qu’accueille l’université actuellement, vient de pays frères ou amis appartenant à quatre continents différents : le Monde arabe et musulman, l’Afrique, l’Asie et même l’Europe. 
 

 

LA MISE A MORT DES INSTITUTIONS EDUCATIVES DE LA FONDATION BOUEBDELLI 

ANNEE 2004, LA CRISE DE L’ECOLE JEANNE D’ARC 

     L’incident déclencheur et la manipulation

     En raison du refus décidé en juin 2004 par le Conseil de classe en application du règlement intérieur, de l’inscription d’une élève en 1ère année du collège de la Fondation Bouebdelli, pour insuffisance de niveau scolaire, l’école « Jeanne d’Arc » a reçu de la part du Ministère de l’Education une véritable sommation. Il fallait inscrire immédiatement l’élève en question sous peine de fermeture de l’ensemble de l’établissement.  

     La tentative fulgurante de l’Administration de mainmise sur l’Institution

     Devant le refus de l’Ecole de réviser sa décision parfaitement fondée et régulière, le Ministère a, le 18 septembre 2004, c’est-à-dire tout à fait au début de l’année scolaire, pris la décision irréfléchie et précipitée, de mettre en route sa machine répressive à une vitesse implacable, et jamais observée dans la pratique administrative ou judiciaire tunisienne. 

     Dans les vingt quatre heures, le Tribunal de première instance de Tunis a émis l’ordre de destitution de Madeleine Bouebdelli, directrice de l’Ecole, avec retrait de l’autorisation d’ouverture de l’établissement, blocage des comptes bancaires, nomination d’un directeur administrateur issu de l’enseignement public, et intrusion de la force publique dans les locaux de l’Ecole ; Le tout constituant une véritable spoliation de biens privés protégés par la loi. Le nouveau ‘directeur’ s’est hâté d’inscrire l’élève concernée. 

     Simultanément, une campagne de dénigrement dans les journaux affidés au Pouvoir a été lancée contre l’Ecole – dont on dénonçait le ‘sélectionnisme’ ! – et contre toute la Fondation Bouebdelli, qui a fait l’objet d’une véritable curée à laquelle ont pris part pas moins de six ministères et divers organismes publics : ministère de l’Education, ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice, ministère des Finances avec le déclenchement d’un contrôle fiscal ‘tous azimuts’, ministère des Affaires sociales avec le déclenchement immédiat du contrôle de la Caisse de sécurité sociale, ministère de l’Enseignement supérieur, avec des menaces de représailles au niveau de l’Université Libre de Tunis.

Un ‘tsunami’ n’aurait pas provoqué de plus grands remous... 

     Le soutien unanime de l’opinion publique à l’Institution

     Le lendemain de la fermeture de l’Ecole, les autorités se sont trouvés confrontées à une forte mobilisation des 1 400 élèves et de l’ensemble du corps enseignant. Tous contestaient avec force la décision arbitraire de limogeage de la direction et de la fermeture de l’Ecole. Un mouvement massif de protestation et de grève s’est rapidement développé. Il a conduit à la constitution d’une délégation des parents d’élèves qui ont demandé une entrevue avec les autorités concernées. Des soutiens sont parvenus de tout le territoire national aussi bien que de l’étranger, de France, des USA, du Canada, des pays du Golfe, des pays de l’Afrique de l’Ouest... 

     Le recul de l’Administration

     Devant l’ampleur de ce mouvement de protestation et de soutien à notre institution éducationnelle et en raison de l’absence de motifs réels et sérieux d’une répression aussi injustifiée et en disproportion avec le prétexte pris pour la déclencher, le ministère de l’Education s’est trouvé contraint de revenir sur sa décision. Madeleine Bouebdelli a été rétablie dans ses fonctions de Directrice de l’Ecole, et celle-ci a repris son fonctionnement normal dans les jours qui ont suivi. Même la décision judiciaire prise à l’encontre de l’Ecole a été annulée. 
  
 

ANNEE 2007, L’affaire du Lycée ‘Louis Pasteur’  

     Les manœuvres de l’Administration

     Au mois de mai 2007, le Ministère compétent a, sans autre forme de procès et sans que cet ordre ait été accompagné d’aucune explication juridiquement valable, intimé l’ordre à la Fondation Bouebdelli,  de fermer purement et simplement le lycée Louis Pasteur dès le 10 mai 2007, de ne plus faire de recrutement d’élèves au titre de la prochaine année scolaire, et d’orienter les élèves actuellement inscrits vers d’autres institutions similaires.

La fermeture du Lycée

      La décision de fermeture du lycée s’analyse comme un simple ‘fait du Prince’. On comprend, dès lors, toute l’émotion que cette décision inique a suscitée auprès de l’opinion publique, aussi bien tunisienne qu’internationale. Les médias, notamment à l’étranger, se sont saisis de l’affaire qu’ils ont analysée comme l’expression de l’arbitraire de l’Administration et une atteinte grave aux libertés individuelles. Citons en quelques-uns : Le Monde, Libération, L’Express, Le Figaro, Le Point, le journal « la Suisse », France 3, TSR 1, plusieurs journaux de langue arabe du Proche-Orient, plusieurs sites Internet comme Rue 89 et bakchich.info... Les seuls médias tunisiens a avoir protesté rigoureusement sont le journal « EL MAWKEF »du PDP et « ET MOUATINOUN » du Forum (partis d’opposition) ainsi que  la chaîne Al Hiwar Attounssi, appartenant à Tahar Ben-Hassine et émettant à partir de Rome. Mais cela n’a fait que raviver le désir de vengeance de ceux qui ont ordonné le forfait.  

     Personne n’ignorait plus alors qu’il s’agissait  là, d’une décision destinée à favoriser – même au prix d’une illégalité – une institution éducative qui venait d’être créée à cette date, « l’Ecole internationale de Carthage » sur l’initiative de Mmes BEN ALI ET ARAFAT. Jusqu’à ce jour, le ‘Lycée Louis Pasteur’ est resté fermé. Le recours présenté en 2007 devant le tribunal administratif de Tunis est toujours en attente de jugement.

     Le recours à des lois « scélérates »

     L’affaire du lycée Louis Pasteur a envenimé encore davantage  le climat d’insécurité et d’harcèlement de la famille Bouebdelli : mails détournés, contrôles fiscaux approfondis, contrôles sociaux et sanitaires répétés, courrier ouvert, écoutes téléphonique, rejet de toute demande légale …

     L’acharnement juridique s’est alors intensifié. A titre d’exemple, l’arrêté ministériel du 22 février 2008 a imposé un nouveau « cahier des charges » ayant un effet rétroactif qui a eu pour effet notamment d’interdire le cumul dans un même établissement scolaire d’une section préparant les diplômes tunisiens et une section préparant des diplômes étrangers (cela vise évidemment le « lycée Louis Pasteur ».  De même il sera dorénavant interdit d’ouvrir des annexes : cela vise le projet d’ouverture d’une annexe de la Fondation dans la banlieue nord de Tunis.  Enfin, comme par hasard, les nouvelles dispositions imposent une superficie minimale des classes de 42 m2, là où la superficie standard des classes de la Fondation est de 40 m2. Ce qui oblige cette dernière à détruire plus de 20 classes, sachant que le Ministère n’impose nullement de telles exigences à ses propres établissements scolaires.  
 
 

ANNEE 2009, L’UNIVERSITE LIBRE DE TUNIS   

     Les tentatives d’étouffement

     Malgré  l’adoption en 2000 d’une loi autorisant et réglementant l’investissement privé dans le cadre de l’enseignement supérieur, l’Université Libre de Tunis (CULT) n’a cessé depuis sa création,de faire l’objet de mesures arbitraires de la part du Ministère de l’enseignement supérieur : ruptures ou refus de conventions de partenariat régulièrement conclues avec des universités nationales et étrangères, refus d’octroi à l’ULT des avantages financiers et autres pourtant expressément prévus par la loi, rejet de nombreux projets de développement de la mission éducationnelle, refus de créer de nouveaux diplômes de cycles d’études spécialisés et de doctorat .A  ces abus de pouvoir, s’est ajouté un harcèlement quasiment quotidien par une administration tatillonne visant à imposer à l’ULT des conditions de fonctionnement qu’elle omet de demander à ses propres établissements.

     La dernière offensive de l’Administration a été la loi du 4 août 2008 imposant un nouveau « cahier des charges » également rétroactif : interdiction de continuer à conserver le titre « d’Université », seuls les titres de « faculté »,  « institut » ou « école » étant admis ; obligation de porter, par filière,  le capital initial de 75 000 euros à 1 000 000 d’euros (13 fois plus !) soit l’obligation pour l’ULT de fractionner son institution en plusieurs unités séparées, augmentant ainsi considérablement les charges de gestion de chacune d’elles et mettant en péril sa survie.

     Cette loi, par son caractère rétroactif,  vise en fait et très directement l’ULT,  et est contraire aux principes de droit les mieux établis. Toutes ces mesures, loin de représenter une application objective et neutre de la loi, destinée à servir l’intérêt général constituent une atteinte très grave aux principes les plus fondamentaux de « l’Etat de droit » que le Pouvoir prétend respecter.  

     La mission « d’inspection approfondie »

     L’histoire se répète. Sous le couvert d’une inspection approfondie du ministère de l’enseignement supérieur,  menée en décembre 2009,  dont le rapport ,  fabriqué de toutes pièces, a relevé des «carences et irrégularités d’ordre administratif et pédagogique », le Ministère a notifié à l’ULT la suspension de son agrément jusqu’en 2014, l’interdiction d’inscrire de nouveaux étudiants, le retrait définitif de l’homologation des filières d’ingénieur et la nomination d’un administrateur-gérant chargé d’achever les cursus en cours.

     Les cinq griefs de l’Administration et les réponses de l’ULT

     M. BOUEBDELLI  a démontré, preuves à l’appui, qu’aucun des griefs relevés lors de l’inspection n’étaient fondés. Ces griefs portent sur les points suivants :

1° il est reproché  d’avoir lancé sans autorisation une campagne publicitaire pour des enseignements en expertise comptable pour le compte de l’INTEC-CNAM de Paris :  
Réponse : cette publicité concerne des enseignements qui depuis plus de 10 ans sont assurés directement par l’INTEC CNAM à distance et non par l’ULT qui n’est qu’un bureau de liaison. Par lettre du 26/01/2002, le Ministère a écrit qu’aucune autorisation n’était nécessaire pour cette activité. 
 
2° il est reproché au directeur de l’ULT (recteur) d’avoir été absent pendant la période du contrôle (du 8 au 22/12/2009) et de ce fait d’avoir manqué à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions 
Réponse : ce directeur M. SadoK BELAID a toujours été présent pendant cette période et a assisté à trois reprises à des réunions avec l’inspecteur et ceci malgré que la période d’inspection corresponde à une période de vacances scolaires 
 
3° il est reproché à l’ULT de faire appel à des enseignants du secteur public sans autorisation du Ministère 
Réponse : afin d’assurer les missions d’enseignement confiées , l’ULT a effectivement été obligée de faire appel à quelques enseignants avant que le Ministère ne fasse parvenir les autorisations réglementaires et qui, en raison des retards administratifs n’arrivent jamais à temps et souvent au cours du 2ème semestre universitaire. De plus, une campagne de recrutement de professeurs permanents a été engagée par l’ULT depuis plusieurs années. A ce jour il existe plus de 40 professeurs permanents. 

4° il est reproché  d’avoir délivré des diplômes d’ingénieur dans des conditions irrégulières : absence de concours de sélection à l’entrée à l’issue des classes préparatoires. 
Réponse : l’agrément des filières d’ingénieurs obtenu du Ministère en 2001 prévoyait le recrutement sur dossier. Ce cursus a été jusqu’à présent approuvé par le Ministère puisque les diplômes d’ingénieurs délivrés par l’ULT (5 promotions) ont obtenu l’équivalence réglementaire des diplômes du secteur public. 
 
5° il est reproché d’avoir assuré des enseignements en matière de licence gestion- finance sans autorisation préalable du Ministère. 
Réponse : l’ULT a fait observer à l’inspecteur que le Guide d’orientation des étudiants publié par le Ministère pour les années concernées 2007,2008 et 2009 porte expressément l’habilitation par le ministère d’assurer ces enseignements par l’ULT et cela en toute légalité, mention en est reprise sur le site officiel du Ministère 

Les motifs invoqués, décrits ci-dessus, sont tellement fallacieux que tous les journaux tunisiens qui font état de la décision de retrait de l’agrément de l’ULT évoquent vaguement des « irrégularités pédagogiques et administratives ».   

     Le « démontage » du complot

     Ceci montre clairement que tout cela n’est qu’une mise en scène destinée à « sanctionner » une institution universitaire privée pour des motifs qui n’ont rien à voir avec sa mission. Le détournement de pouvoir est manifeste : il rappelle clairement ce qui s’est passé il y a quelques années dans les tentatives de fermeture en 2004 de l’ « école Jeanne d’Arc » et la fermeture effective du « lycée Louis Pasteur » qui relèvent de la Fondation Bouebdelli.  

     Les développements les plus récents de la crise

     Le 2 février 2010, un administrateur-gérant a été nommé par le Tribunal avec officiellement pour mission « d’assurer la continuité des études de l’ULT, de préserver les droits des enseignants et des étudiants et du cadre administratif de l’institution ».

     En fait depuis sa nomination, cet administrateur agit plus pour « liquider » l’ULT que pour en assurer la pérennité. Sa première décision a été de licencier les deux cadres supérieurs assurant la direction de l’institution depuis plus de 8 ans : le vice-recteur à l’enseignement, M. Mehdi Bouebdelli, et le directeur administratif et financier, M. Karim Bouebdelli, tous deux fils de Mohamed Bouebdelli. Parmi les autres mesures prises par cet administrateur, on peut citer : le réembauchage d’un enseignant licencié en janvier 2010 à l’issue du 1er semestre universitaire pour incompétence pédagogique et fortement contesté par ses étudiants, ainsi qu’un agent administratif licencié également pour incompétence en janvier dernier, pendant sa période d’essai. Le personnel existant à l’ULT  a été « doublé » par une nouvelle équipe,  sans que la charge de travail administratif le justifie, créant ainsi non seulement une tension entre les membres du personnel. Et ceci dans un climat de suspicion et de délation.

     Par ailleurs, l’administrateur s’est octroyé le droit de remettre en question le tarif des frais de scolarité fixés pour l’année universitaire 2009/2010 en rendant gratuites des prestations auparavant payantes. Enfin, l’occupation d’un immeuble mitoyen à l’ULT  appartenant aux fils Bouebdelli est illégale.

     Toutes ces mesures ont uniquement pour but de « liquider » l’Université Libre de Tunis » qui ne saurait survire en 2014, vidée de ses étudiants. L’affaire de l’ULT est une affaire politique. Sous le couvert de prétendues sanctions administratives infondées et disproportionnées Ce mauvais procès vise à dénier à un citoyen tunisien libre et patriote, le droit de dire la vérité à ses concitoyens.  
 

L’INTERET GENERAL TUNISIEN BAFOUE 

     En Tunisie, deux régimes coexistent. Côté lumière, des codes fixant la loi et un appareil judiciaire digne des pays les plus évolués. Côté ombre, un pouvoir pharaonique faisant disparaître sur un claquement de doigts ceux qui lui déplaisent.

     L’opinion internationale n’a commencé à s’inquiéter de la situation en Tunisie que récemment, suite à la multiplication des procès touchant des syndicalistes, des journalistes, des militants des droits de l’homme, des étudiants et des milliers de jeunes qualifiés de terroristes.  

     Officiellement, il n’y a pas de détenus politiques en Tunisie et tous ceux qui sont arrêtés, jugés et jetés en prison ne le sont que pour des crimes de droit commun. Mais, ce qui est grave, c’est tout le système mis en place pour vider les institutions de tout contenu et de tout sens. Il en est ainsi du pluralisme, des élections, des droits constitutionnels de liberté d’association et d’expression. 

     La récente « mise à mort » de l’Université Libre de Tunis a utilisé un subterfuge, un montage juridique, faute d’avoir pu atteindre son but avec les contrôles fiscaux, d’hygiène, de sécurité sociale et autres, qui malheureusement pour le Pouvoir se sont soldés par un « RAS ». Et pour cause, l’épouse française de Mohamed Bouebdelli, expert comptable de formation, a toujours veillé à une comptabilité sincère et au respect le plus strict de toutes les

règlementations en vigueur.   
Il ne restait donc plus au Pouvoir qu’à passer en force et vite.  

     Mohamed Bouebdelli a eu la volonté de se battre pour le droit. Il a trouvé  des sympathies dans tous les milieux des démocrates tunisiens et étrangers. Mais combien de spoliations de ce genre, voire plus révoltantes, ont eu lieu dans le silence des victimes, isolées et terrorisées par le Pouvoir pour qu’elles se taisent.  

     Mohamed Bouebdelli a compris que le pouvoir, outre le dessein de servir les siens en dépossédant les autres, agit en toute illégalité. Dès 2007, il a donc déplacé l’objet de son combat, d’un combat pour ses droits vers un combat pour le droit tout court.  Il a alors multiplié les interviews aux médias nationaux et surtout internationaux pour dénoncer les dénis de justice, les spoliations arbitraires, et il a surtout été le premier à dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.   

     Mais le  moment le plus fort de son combat a été incontestablement la publication de son livre fin septembre 2009, peu avant les élections législatives et présidentielles du mois d’octobre. Mohamed Bouebdelli ne se contente pas défendre sa dignité professionnelle, il soumet des propositions de réformes concrètes. Ce citoyen tunisien veut croire au débat politique, dans un pays où le politique est quasiment prohibé.

 

 

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